C'était la finale rêvée : L'ogre lyonnais face à son dauphin de la saison dernière. Et pourtant il n'y eut longtemps pas de match.
On s'attendait à voir une équipe bordelaise offensive, prête à laisser le maître incontesté de la Ligue 1 face à ses doutes récents. Ricardo avait d'ailleurs opté pour un inhabituel 4-4-2, avec Johan Micoud positionné à gauche devant le brésilien Wendel au poste de latéral. En face, Lyon alignait son équipe type. Avec tout de même un choix de Gérard Houllier, en apparence anodin, mais capital. Anthony Reveillère, pressenti sur le flanc droit de la défense, était finalement remplacé par François Clerc.
Houllier 1 - Ricardo 0
Une option payante, puisque d'entrée, les Lyonnais asphyxiaient leurs adversaires et multipliaient les décalages sur leur coté... droit. Clerc et Sidney Govou martyrisaient sans relâche le pauvre Wendel, délaissé par un Micoud trop attiré par l'axe.
Les bordelais, à court d'idées et de solutions, en perdaient même leurs nerfs, à commencer par Jean Claude Darcheville, et Lyon bombait le torse, faisant valoir son éclatante supériorité.
Seulement voilà, dominer n'est pas gagner. Et malgré une succession d'occasions franches, Juninho et ses partenaires ne parvenaient pas à tromper un Ramé des grands soirs.
Pire, sur un énième coup franc dangereux frappé par le brésilien à la dernière seconde de la première mi-temps, le capitaine de l'OL se blessait à la cuisse gauche, et les Gones regagnaient les vestiaires soucieux.
Houllier 1 - Ricardo 1
Le coach bordelais, lui, profitait de la pause pour faire des ajustements rendus inévitables. Marouane Chamakh cédait sa place à Florian Marange, et les Girondins retrouvaient leur 4-2-3-1 habituel. Wendel s'installait sur le flanc offensif gauche, Micoud prenant l'axe.
Alors, enfin, le match s'équilibra. Malgé tout, les Bordelais, mieux en place, peinaient à s'approcher du but de Rémi Vercoutre. Lyon, de son côté subissait une baisse de régime légitime après sa débauche d'énergie initiale, mais gardait son emprise sur le match.
Aux alentours de l'heure de jeu, l'enjeu rattrapait alors les 22 acteurs. Les contacts se durcirent, et Frank Jurietti, à l'extrême limite du carton rouge à plusieurs reprises, restait sur le terrain grâce à l'infinie patience de l'arbitre Hervé Piccirillo. Juninho, lui, quittait ses partenaires à la 68ème minute, remplacé par Kim Källström.
Le coup de poignard bordelais
Et ce qui devait arriver arriva. Bordeaux, dangereux à deux reprises seulement depuis le coup d'envoi, hérita d'un corner à la dernière minute du temps réglementaire.
Micoud, invisible jusque là, délivra un ballon parfait au premier poteau qu'Henrique catapulta au fond des filets lyonnais, bien aidé par une sortie à la hussarde de Vercoutre.
Cruel scénario pour des Lyonnais qui visait le premier doublé de leur histoire, et à qui la fin de saison risque de paraître bien longue avant leur sacre annoncé en Ligue 1.
En revanche, Bordeaux renoue avec le succès pour la première fois depuis 2002 – une Coupe de la Ligue déjà – et s'assure une place en Coupe d'Europe la saison prochaine. Avec un trophée déjà en poche, et une place en Ligue des Champions toujours à leur portée, ils ont déjà réussi leur saison.